Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Xavier DE DEKEN (Premier Assistant)

Parcours

A 18 ans, après des humanités scientifiques, Xavier De Deken avait une envie : travailler dans la recherche. Sans trop savoir s'il s'orienterait vers la recherche académique ou plutôt vers l'industrie pharmaceutique ; ni même à l'époque percevoir la différence. " J'ai travaillé comme jobiste chez GlaxoSmithKline. Pas du tout dans les laboratoires mais bien pour installer des ordinateurs. J'avais alors été impressionné par l'environnement scientifique. A la même époque, j'ai lu le livre " Plus grands que l'amour " sur la découverte du virus du sida dans les années '80 et la mise au point du premier médicament. Tout cela m'a donné l'envie de travailler dans un environnement de recherche", se souvient-il.

Xavier De Deken s'inscrit donc en Sciences Biomédicales (anciennement biologie médicale appliquée), en Faculté de médecine de l'ULB. Après ses 4 années d'étude, il entame une thèse de doctorat. " J'ignorais toujours si je resterais en milieu universitaire ou si j'irais travailler en entreprise mais j'avais l'ambition de développer ma propre recherche ou de diriger un groupe, et pour cela, la thèse de doctorat était fondamentale ", explique-t-il. Il effectue sa thèse dans un groupe de l'IRIBHM axé sur l'étude du métabolisme thyroïdien. Plus précisément, le jeune chercheur s'intéresse aux différentes composantes qui interviennent dans la synthèse des hormones thyroïdiennes. Il découvre deux de ces molécules - DUOX1 et DUOX2 -, dont aujourd'hui, il avoue ne pas encore avoir percé tous les secrets...

Sa thèse défendue à l'ULB, il part en post-doctorat à l'Université de Montréal, avec un objectif : parfaire son expérience scientifique dans l'étude de la régulation de l'expression des gènes. Il intègre pendant deux ans, un groupe de recherche qui étudie l'expression de gènes impliqués dans la résistance aux traitements antifongiques utilisés pour soigner les candidoses chez des patients immunocompromis.

En 2004, il rentre en Belgique où l'attendent son épouse et... un mandat de chargé de recherche FNRS. Il poursuit à l'IRIBHM ses travaux entamés deux ans plus tôt lors de sa thèse de doctorat. " A ce moment-là, j'avais décidé de faire de la recherche académique, mon métier. Je voulais aussi avoir plus de contact avec les étudiants pour ne pas m'enfermer dans la " bulle " du laboratoire. Assistant volontaire, j'ai commencé alors à encadrer des travaux pratiques en BA1 ainsi qu'un cours de vulgarisation scientifique en BA3 ", explique-t-il.

Nommé Premier Assistant en 2010, Xavier De Deken est aujourd'hui revenu à ses " premières amours " de recherche : les molécules DUOX1 et DUOX2 et leurs implications dans la physiologie thyroïdienne. " C'est amusant de se dire qu'on a été au début de l'histoire puisque j'ai découvert ces molécules lors de ma thèse de doctorat et que 10 ans plus tard, notre groupe compte sept personnes qui étudient les DUOX ", confie-t-il. A l'origine, ces molécules ont été découvertes et étudiées dans une perspective " thyroïde " : les chercheurs de l'IRIBHM ont montré qu'elles pourraient notamment être utilisées dans le diagnostic d'enfants hypothyroïdiens ; ils ont aussi mis en évidence le rôle potentiel qu'elles pourraient jouer dans le cancer de la thyroïde. Les DUOX1 et DUOX2 produisent de l'eau oxygénée (H²O²) qui peut être néfaste aux cellules : lorsqu'il est présent en trop grande quantité, il risque d'altérer la physiologie des cellules et de provoquer des cassures dans l'ADN et pourrait ainsi s'avérer un facteur de susceptibilité ou de déclenchement à certaines formes de cancer.

Bien plus, alors qu'on n'imaginait pas il y a quelques années qu'elles pouvaient être présentes ailleurs que dans la thyroïde, les chercheurs ont montré que les DUOX pourraient être impliquées dans le maintien de l'homéostasie de la flore commensale de l'intestin. " Nos expériences en boîte de Pétri sont d'ores et déjà très prometteuses. Nous avons donc noué une collaboration avec des médecins gastro-entérologues de l'Hôpital Erasme qui nous permettra dès 2011 de poursuivre notre étude sur des tissus prélevés sur patients. Cette interaction étroite entre laboratoire de recherche et hôpital académique est sans aucun doute un avantage du campus Erasme ", explique Xavier De Deken. Ce qui l'attire dans la recherche ? " Décider de son sujet de recherche, se l'approprier et découvrir quelque chose là où on pensait déjà tout connaître. En recherche, rien n'est jamais acquis et c'est cela aussi qui est passionnant. Transmettre ce savoir scientifique aux plus jeunes m'intéresse également beaucoup. La recherche permet aussi de nouer des contacts avec des doctorants et d'autres chercheurs n'importe où dans le monde : c'est très enrichissant ", commente-t-il.

Et après la recherche ? Xavier De Deken aime se promener en forêt avec ses deux filles ou se défouler sur un court de tennis...

Contacts

Xavier DE DEKEN

IRIBHM

tel 02 555 4152, fax 02 555 4655,

Campus Erasme

ULB CP602, route de Lennik 808, 1070 Bruxelles